Maison ancienne (pierre, pisé)Vieux Lyon, pentes et plateau de la Croix-Rousse, Presqu'île, faubourgs anciens et bourgs de l'ouest lyonnais. Bonne nouvelle par rapport aux murs : le comble échappe presque toujours aux contraintes patrimoniales, puisque les travaux ne modifient pas l'aspect extérieur et ne relèvent donc pas de l'avis de l'Architecte des Bâtiments de France. Sur ce bâti, la toiture est fréquemment le seul geste d'enveloppe réellement praticable, et c'est aussi le plus rentable.
Ce que nous rencontrons. Des charpentes traditionnelles en chêne ou en sapin, à entraits et pannes apparents, souvent magnifiques : elles imposent une isolation en rampants ou sous entrait plutôt qu'un soufflage à plat. Des combles déjà aménagés partiellement — une chambre créée dans les années 80 avec 6 cm de laine agrafée sans pare-vapeur, le reste laissé brut — ce qui suppose une dépose avant reprise, jamais un simple ajout par-dessus. Des accès contraints : cages d'escalier étroites, trappes de 50 × 50 cm, absence de stationnement pour la machine à souffler — autant de contraintes logistiques qui se relèvent à la visite technique et se chiffrent honnêtement.
Le point technique propre à ce bâti est la perspirance. Le pisé — terre crue compactée — et le mâchefer — béton de scories des maisons lyonnaises de 1880 à 1940 — échangent en permanence de la vapeur d'eau avec l'ambiance. Sur les murs, cela interdit souvent les systèmes étanches. En comble, la précaution se traduit par le choix d'un frein-vapeur hygrovariable plutôt qu'un pare-vapeur étanche, et par une préférence pour les isolants biosourcés capillaires comme la ouate de cellulose ou la fibre de bois, qui tolèrent les variations d'humidité sans perdre leurs propriétés. Enfin, sur des charpentes anciennes, l'état sanitaire du bois se vérifie avant d'engager quoi que ce soit : on n'enferme pas une charpente malade sous 25 cm d'isolant.
Maison des années 60-80 — le meilleur gain, le plus rapideVilleurbanne, Vaulx-en-Velin, Bron, Vénissieux, Saint-Priest, Décines et l'est lyonnais. C'est le cas d'école de l'isolation de combles perdus, et de loin celui où le rapport entre l'investissement et le gain est le plus favorable. Ces maisons ont été construites avant la première réglementation thermique de 1974, ou juste après avec des exigences très faibles : le comble est le plus souvent non isolé du tout, ou garni de 5 à 10 cm de laine minérale d'origine, tassée, poussiéreuse et sans pare-vapeur — soit une résistance thermique résiduelle de l'ordre de 1 à 2 m².K/W, très loin des 6,3 de référence.
La configuration est en revanche idéale : charpente en fermettes industrielles ou charpente simple, plancher de comble plat et dégagé, volume perdu généreux, accès par trappe ou par pignon. Le soufflage de laine minérale ou de ouate y est rapide et peut viser sans difficulté les 30 cm nécessaires au seuil CEE de R ≥ 7 m².K/W. Le passage d'une résistance de 1,5 à 7 m².K/W divise par plus de quatre les déperditions par la toiture.
Trois points de vigilance reviennent sur ce parc. L'ancien isolant doit être évacué s'il est tassé, souillé ou humide. Les plafonds en plaques de plâtre sur ossature de cette période présentent souvent une étanchéité à l'air médiocre au droit des cloisons et des gaines. Enfin, ces combles abritent fréquemment des gaines de ventilation non isolées, dont il faut traiter le calorifuge en même temps — le sujet est le même que celui d'une VMC double flux, dont les réseaux traversant un volume non chauffé doivent impérativement être isolés.
Pavillon récent (1990-2010) — isolé, mais sous le seuil actuelDardilly, Écully, Champagne-au-Mont-d'Or, Limonest, Genay, Neuville, Caluire et l'ouest et nord lyonnais. Ces maisons ont été construites sous les réglementations thermiques RT1988, RT2000 puis RT2005 : le comble est isolé. Le diagnostic réel est pourtant presque toujours le même : une isolation conforme à son époque, devenue insuffisante au regard des exigences actuelles.
Concrètement, nous relevons typiquement 15 à 20 cm de laine minérale en un seul lit, soit une résistance thermique de l'ordre de 3,5 à 5 m².K/W. C'est correct, mais c'est en dessous du niveau de référence de 6,3 m².K/W. Le renfort est alors la bonne réponse : un lit complémentaire soufflé ou déroulé perpendiculairement à l'existant, pour porter l'ensemble au-delà du seuil.
Deux vérifications préalables conditionnent la faisabilité. La première : l'isolant existant est-il sain ? La seconde : le comble a-t-il été transformé en espace de rangement ? Un plancher de panneaux posé directement sur les solives écrase l'isolant. La solution consiste à surélever le plancher sur lambourdes pour rétablir la hauteur d'isolant sous la zone de stockage.